Franssou Prenant



> L’Escale de Guinée
1987, 57 min, 16 mm

J’ai passé six mois en Guinée (Conakry), entre février et juillet 1986. Objet nomade, j’y ai tourné, seule, en super 8, des éléments de la vie des gens et des fragments de la mienne. C’était deux ans après la mort de Sékou Touré, et le pays, après deux décennies de fermeture et d’exclusion, était comme resté abandonné dans le temps. Le film n’est pas un documentaire sur la Guinée, pas plus qu’un journal de bord, il est la conjugaison du voyage et de la mémoire, du regard de l’exilé volontaire et de la vie qui mène son train.

« Je ne me rappelle plus pourquoi j’ai voulu aller à Conakry et pourquoi je me suis tellement entêtée à aller là précisémment. J’espérais un mélange de Bamako et de Djibouti et c’est autre chose et ça rentre doucement dans ma tête et dans mon sang par voie de moustiques. Je mange du riz et je me dis, si on était seulement ce qu’on mange, je serais déjà un autre. Je me demande à quoi pensent les gens toute la journée. Je me demande si, passant par Conakry en vacances, j’aurais fui tout de suite ou si j’aurais aimé connaître et regretté de partir comme d’habitude quand on effleure une ville. C’est bizarre, je suis sensible à de tous petits riens, une odeur et tout se détraque ; j’essaie de ne pas penser : pourquoi je suis là, qu’est ce que je fais là. » (Extrait de la voix off)


Sous le ciel lumineux de son pays natal
2001, 48 min, 16 mm

Ça se passe à, dans, sous, à travers les trous de Beyrouth, ses béances flottantes, dans la poussière de ce qu’il en reste, restait, car c’est du passé ce Beyrouth qu’on voit, du passé récent, filmé en 95, avant que le centre ville effondré par la guerre ne soit arasé et reconstruit. Trois filles invisibles comme des esprits, planent sur leur ville dont le ciel lumineux nimbe les souvenirs ; elles rôdent et parlent. Par les histoires que tracent les arroseuses de ruines qui semblent verser des larmes, les machines qui grignotent les décombres des splendeurs en lambeaux, la poussière rétive au balayage, les enfants qui font des bombes dans la mer, contre ces blocs carcéraux d’un avenir déjà présent et destructif, leur parole monte à l’assaut du temps et de l’histoire. Les rêves réalistes de jeunesse militante, pulvérisés par l’enchaînement de catastrophes mal manigancées, se redessinent, se désirent, autrement et sans édulcoration.


Reviens et prends-moi
2004, 14 min, 35 mm

Entre la Syrie et Paris, l’orient, mythique mais quotidien, ordinaire mais littéraire, respire d’amour. Sur le poème de Constantin Cavafy, un film d’amour sans amoureux.


> Le Jeu de l’oie du professeur Poilibus
2007, 150 min, vidéo

René Schérer, auto-nommé Professeur Poilibus, est philosophe. À tous moments de la vie, sur des sentiers que l’on grimpe en dialoguant, dans le potager, au monoprix, sa philosophie est en action et, ludique, incite, provoque, secoue les idées et les choses.



Texte :
> Les Escales de Franssou, Christine Van de Putte