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Jan Peters & Helena Villovitch Le film commence au milieu de la journée du 9 novembre, lorsque Jan se trouve sur lautoroute qui le mène de Hambourg à Paris. Sarrêtant sur un parking en Belgique, il est témoin dun événement qui va donner une direction nouvelle à son journal filmé. Je suis tout de suite tombée amoureuse du visage du jeune homme sur lécran. Il avait vingt-quatre ans. Trois minutes plus tard, il en avait vingt-cinq. Et puis vingt-six, vingt-sept. Cétait en 1995, cela faisait quatre ans que Jan avait commencé de se filmer lui-même, une fois par an, pour exposer au monde ses théories fumeuses. Il traçait des frontières imaginaires entre ce qui était ordonné et ce qui ne létait pas, il lisait tous les matins lavenir dans la cuvette des W.-C. et prétendait dire la vérité vingt-quatre fois par jour. Jétais charmée par cette tentative désespérée dappliquer les mathématiques au réel et par ce débit de parole tellement rapide quil lui arrivait de parler plus vite que la pensée. Je lui ai dit que cette phrase « mais le sens de la vie, je ne lai pas encore découvert » résumait tout son travail. Ce qui na pas empêché Jan de continuer à chercher. En 1999, il a espéré que la conjonction des planètes lui fournirait une réponse. Quand le soleil a disparu, il a continué de parler et de parler sans cesse à sa caméra qui filmait : « Jai 33 ans. » Grâce à lui, sans doute, le soleil est réapparu. Pour le 1er janvier 2000, mon fils Georges a proposé que nous allions réveillonner avec les ours du Pôle Nord. Cétait une date vraiment importante pour un enfant. En définitive, jai fabriqué trois déguisements dours approximatifs et nous sommes restés tous les trois, Georges, Jan et moi, à Hambourg pour y admirer le plus grand feu dartifice dEurope. Il y avait tellement de brouillard et de fumée quon na pas vu grand chose mais on était contents dêtre là. Je me suis souvenue quen 1984, quand javais vingt ans, je naurais pas donné cher de mes chances dêtre encore en vie en lan 2000. En rentrant à Paris, jai retrouvé un petit film super-8 de 1984, mon premier film, un autoportrait que je navais jamais montré à personne ni regardé moi-même. Il sappelle Jai vingt ans. Dans À ma place, je laisse les autres, amis et connaissances, sexprimer en mon nom. Ils le font souvent bien mieux que moi. Ils me semblent plus véritables, ils comprennent mieux la logique de mon travail, le sens de ma vie. Jan, par exemple, que jai invité dans ce film à prendre ma place, mexplique comment il (cest-à-dire Helena Villovitch) ne pourrait pas vivre sans lui, Jan Peters. Helena Villovitch > Bye Bye Tiger |
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