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... Et autres rapports flottants entre limage, le son, le texte et limage Dans chacun des films, cependant, le commencement est toujours un achèvement, lobjet singulier dune complexité, dune multiplicité, qui nest ni dissimulée ni synthétisée, mais morcelée et fragmentaire. Lensemble des films, eux-mêmes, en rejouant, certes chacun sur son mode, ou selon son motif, cette origine, nest pas sans inquiéter sur cet état premier, qui, par là, en dit la fiction, fût-elle celle dune invention. Faire se succéder plusieurs films dans une séance de projection peut susciter un trouble temporel à ainsi refaire une même découverte. Les trois vidéogrammes, sils renvoient à lhistoire cinématographique, tirent leur nécessité de léconomie spécifique de la vidéographie : un enregistrement granulaire et linéaire le procès électronique et la trame de pixels , une temporalité de surveillance. Une vision et non une visée, un retard et non un regard. Un attardement. Au vrai, le seul film de DTP est invisible, nexistant que dans le ressasser de sa mémoire digitale, vingt cinq ans plus tard. Il reste, pourtant, dans son réceptacle hermétique, sa première uvre, réalisée en 1977, lannée, où Guy Debord montrait son dernier film In girum imus nocte et consumimur igni, 25 ans après on peut en signaler lidentique laps déphasé son premier opus cinématographique : Hurlements en faveur de Sade dont les longues séquences décran noir ou blanc total, ainsi que celles, ultrabrèves, de Peter Kubelka, fournissaient un précédent pour louverture et la clôture De savoir y voir ça. Ce film-ci entamait et scellait toute une vie et son uvrement sous la formule : ainsi de suite... plutôt qu : il était une fois
Dorénavant, DTP aura fait du cinéma au futur antérieur, et par une uvre qui ne fait pas preuve. Cela, seuls peuvent en témoigner quelques-uns (tels Dominique Noguez ou Patrick De Haas). Cela, seul, peut témoigner de la suite dune uvre : dêtre une uvre sans suite. De ce cinéaste, dont la stricte filmographie se tient dans la réserve dune seule pellicule improjetable, jai pu recueillir une théorie forcément sommaire. Je cite : Du cinéma : Je naime pas la direction dacteur, la mise en scène, la composition du cadrage, le coupé/collé du montage, la construction de décors, les praticables qui viennent obstruer la rue, la post-synchronisation, le cinéma du cinéma. Jaime lenregistrement, la photographie animée, la projection lumineuse, lobscurité habitée, la séance partagée, la traversée urbaine jusquà la salle, lexhibition, le mixte dimage et de son, le rêve ou le cauchemar. Est-ce que cela fonde une pensée du cinéma ? non ! mais permet dapercevoir que la technique a rejoint DTP : une caméra qui se loge dans la main, une image enregistrée comme du son, un scintillement au lieu dun battement, des durées de capture dépassant lheure, une production privée. Je rapporte encore cette note intime : Plus je revois un film, moins jaccepte quil me conduise dun bout à lautre, plus je tente délonger la durée de ses scènes, moins je suis emporté par son drame, plus je veux minstaller dans la vibration de ses micro-stases. Cest par là quil faut comprendre la désignation générique qui accompagnant, entre parenthèses, ses réalisations vidéo-numériques, ré-interprète lacronyme DVD : Digital Versatile Display. Mixtes dimage, de son, de texte, maintenus dans un état flottant, glissant, labile. Lextension nouvelle des initiales du Disque Vidéo Digital, en la croisant avec celles du Versatile Disc et du Liquid Cristal Display, pointe dabord la convergence des technologies de laudiovisuel, du calcul et de la communication et la continuité des machines et des interfaces appareils, ordinateurs et périphériques , pour y insinuer un dispositif idiosyncrasique. Le DVD (mmm) se déploie ainsi comme une réinvention de ce que lindustrie quotidiennement nous livre et nous subtilise, dans lincessant chassé-croisé dune société du contrôle. Digital retient le jeu de linformation et le rôle du doigt, Versatile manifeste linfixé de sa fin et la fonction du détour, Display indexe moins la forme de lécriture que le mode de présentation. À ce titre, SVYVÇ, CG et IOV sont trois possibles modalités du DVD. Le premier, on la vu, redonne une autre référence au montage parallèle ou dans laxe : bandes images, sons et textes glissent, accolés plutôt que soudés, suscitant un effet continûment non concerté. Dans le second, jamais interrompu, le texte se déroule, comme un générique de fin qui fait défiler les obligés crédits de la division de son élaboration, ou celui, introductif, du film historique le cinéma asiatique en abuse , qui vient resituer le contexte de sa narration. Alors que, limage, plan-séquence imperturbable, se projette comme le lieu de toutes les perturbations, de la prégnance infiniment plastique de son atmosphère, fond sans fond, figure de toutes les figures, écran de toutes les projections, et, par là, seul événement véritable, que le texte aura indexé en loblitérant, aura désigné en le rayant de sa trame. Le troisième, et à ce titre programmatique du DVD, creuse un espace dont la structure nest plus le recalcul numérique des rapports ou du support analogique. Lordre des parties des chapitres, des paragraphes, des phrases musicales, voire des notes nest plus fixé. Le lien des espèces texte, image, son nest plus seulement non concerté, il est inconstant. Luvre enregistrée nest pas un vidéophonogramme, mais un programme coupe dont chaque actualisation est unique, ou dont litération reste improbable. A fortiori, sans interaction possible du spectateur, ce programme, combinatoire, induit une réception aléatoire, par les nombres complexes auxquels il soumet ses éléments. Le Digital Versatile Display se tient ainsi à distance à la fois du film et du jeu : dis-play. Mais si, manifeste du DVD, Isle of View permet un nombre si gigantesque de visions-auditions possibles, qui, toutes, cependant renvoient à un même motif, que reste-t-il de ce motif, dans toutes ces variantes, qui, chacune, donne une histoire (un récit, un ordonnancement, un drame, une diégèse) différente ? Car le film, en celà il est à la fois anti-zapping, anti-interactif, anti-montage, ne se dissout ni dans le hachis patchwork de fragments dissociés ni dans le labyrinthe dune arborescence complexe. Sans doute, linsistance dun motif sincruste comme une persistance rétinienne : plans infixes, dit DTP, pulsés par la respiration des corps cadrés serrés ou par le souffle du vent dans les vues éloignées, alors que la caméra toujours portée à la main induit une micro-mouvance continue du cadre. Figure figée dans un battement. Cette pulsation de la prégnance est redoublée au niveau des séquences : si les chapitres de IOV peuvent arriver en nimporte quel ordre, ils sont cependant tenus à la non-répétition de même quà lalternance : nu/ paysage/ nu/... ou : paysage/ nu/ paysage/... On pourrait y voir, à la fois par leur motif (lidéal du nu/ limmanence du paysage), leur distance du regard, leur mode musical (pentatonique/ hexaphonique), la position des voix (emprunté/ intime), leur intensité, comme un aller-retour entre Est et Ouest. De ce point de vue, celui, très exact, du point de vue, IOV ne pourrait se tenir comme un film : dêtre le lieu au vrai sans lieu de léloigné, de lopposé, de linconciliable. La séance elle-même, projetée pour loccasion, en éclate linquiétude, trigonométriquement : lieu mis en abyme (SVYVÇ) ; lieu de tous lieux (C-G) et lieu sans lieu (IOV). Cest, encore, linvention des figurants, dans le cinéma du musée, en une époque qui nespère que le musée du cinéma. Par quoi, Dominique T. Pasqualini comment désirer ne pas en être dupe ? me renvoie-t-il à mon quil me permette de lui rappeler quil ny échappe erre
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