Ange Leccia


> Stridura
1980, 13 min, 16 mm

Dans un monde de désolation, un martyr est orchestré par un homme donnant des ordres depuis une salle de contrôle. Ses sbires torturent le résistant mais les rôles de la victime et du bourreau sont-ils aussi clairement définis que le laisse penser ce scénario ? Ange Leccia propose une réflexion politique sur la puissance des images et leur pouvoir de manipulation.


> Ile de Beauté
(réalisé avec Dominique Gonzalez-Foerster)
1996, 70 min, 35 mm

En 1985, un personnage solitaire défini par son seul regard se déplace entre deux îles : la Corse et le Japon. Réalisé à partir d’un ensemble de prises de vues « caméra subjective » tournées en vidéo par Ange Leccia, scénarisées par Dominique Gonzalez-Foerster, Ile de Beauté est un long déplacement du regard qui laisse beaucoup de place au spectateur...


> Gold
(réalisé avec Dominique Gonzalez-Foerster)
2000, 43 min, 35 mm

Gold est un « néo-road-movie interplanétaire » réalisé par deux touristes de l’espace. Il se déplacent, observent, regardent et oscillent de désillusions en découvertes, conditionnés par leur culture mais aussi confrontés en permanence à leur imaginaire et à une multiplicité d’interprétations. Les planètes se succèdent : totalitaire, désertique, scientifique, organique, géologique... Quel monde sera meilleur que l’autre ?


> Adolescence
2000, 13 min, vidéo

Ange Leccia met en scène les émotions adolescentes à travers des images à fleur de peau où le mutisme des visages fait contrepoint à l’expressivité des chansons. Entre tension et tendresse, cette vidéo esquisse la fragilité d’un âge qui ressemble à la trajectoire inachevée du soleil.


> Chansons Populaires
2002, 10 min, vidéo

Une jeune femme chante sans répit des tubes entendus à la radio : son expérience du réel redouble les fictions musicales dans un délire autistique où la vie est réduite à un enchaînement de refrains. Quand la solitude sentimentale devient l’expression d’un état contemporain...


> Azé
2002, 75 min, 35 mm

Fuyant l’Occident, un terroriste découvre la civilisation orientale. Son périple subjectif est l’occasion d’une fiction à mi-chemin des films d’aventure et de romance. Le récit a pour guide la sensation et donne lieu à une suite d’impressions visuelles et sonores qui traduit la rencontre des cultures.


Malus
(réalisé avec Dominique Gonzalez-Foerster)
2003, 20 min, vidéo

Malus est construit comme un film-archive mêlant des images de différentes natures (DVD, Super-8) –, comme un film qui aurait été réalisé par un Indien Navajo témoin et survivant de l’explosion accidentelle d’une arme climatique expérimentale au Nouveau-Mexique.


Ruins of Love
2005, 26 min, vidéo

Le film évoque de manière elliptique le quotidien de prostituées cambodgiennes, perdues entre la solitude de leurs rêves et l’enfermement de leur existence. Le long du mur qui les sépare de l’ancien centre de torture créé par les Khmers rouges, le passage des phares de voitures rythme leurs nuits avec agressivité. Face à une telle exploitation, la musique pop semble redoubler leur aliénation, tandis que les vestiges des temples d’Angkor sont l’expression symbolique de cette désolation.


> La déraison du Louvre
2006, 15 min, 35 mm

La Déraison du Louvre invite le spectateur à une déambulation nocturne dans les galeries du musée, une fois le bruit de la foule dissipée, lorsque les tableaux retrouvent leur intimité. En errant silencieusement parmi les toiles, une jeune femme se laisse envahir par la présence irrésistible des figures représentées qui s'animent, et finit par perdre pied..


> Perfect Day
2007, 62 min, vidéo

Sélection dans presque quatre décennies d’initiatives et de recherches passionnelles sur les affinités électives entre image, musique et portrait. Depuis Ah Girl, autoportrait-performance de 1970, jusqu’à l’Endless Dance de 2007, en passant par les films pour Alain Bashung ou Ellie Medeiros, les sculptures temporelles sur Maria Callas ou John Travolta, et tous les portraits enchantés anonymes.


Texte :
> Les voyages immobiles, Fabien Danesi.