Jacques Kebadian


> Trotsky
1967, 50 min, 16 mm

C’était en 67, à Mexico sur Seine, des jeunes gens, en costumes - du 3 (ème) quart du vingtième siècle - font le pied de grue devant un pavillon de banlieue; derrière les feuillages déplumés d’un début d’hiver rôdent des voyous et leurs regards embusqués, quelques coups de feu dans un jardin de banlieue , un corps basculé sur un petit pont et voici, la première tentative d’assassinat de Trotsky .

Une contre-plongée, 5 ou 6 voix scandent des slogans ; un talus en guise de terril, une cimenterie désuète, un squelette métallique figurent le capitalisme ; des drapeaux rouges masquent et démasquent l'orateur, et voilà que de ces bribes suburbaines, puis de deux tribunes rudimentaires, l’une surmontée d’une photo de Trotsky, l’autre dominée par une photo de Staline, surgit le réel de la révolution russe.

Ce n’est pas un, mais des orateurs, qui haranguent, et jouent les discours de Trotsky : les jeunes et beaux exégètes livresques du trotskisme qui, fumant clope sur clope, compulsent et déclament des livres autour d’une table assez souterraine pour être crue clandestine.
Les fictions lyriques et minimalistes, les archives de la révolution russe, et les films soviétiques, films notoires, films cultes, sont traitès sur un pied d’égalité.

Chacun se repasse et endosse le manteau, en l’occurrence la veste de cuir, du révolutionnaire ; la révolution est en chacun, chacun en porte le verbe, elle est multiple, plusieurs et tous.


> La fragile armada
2003, 112 min, vidéo

Quittant le 25 février 2001 un petit village à 3000 km de Mexico, les Zapatistes entreprennent un prériple à travers le pays pour obtenir l’application d’accords signés en 1996 sur l’autonomie des pleuples indiens. Le film saisit cette occasion pour suivre dans leur marche quelques volontaires issus d’horizons divers et enregistre l’invention de la politique, ses discours, ses meetings, en rappellant au monde l’existence muette de ces peuples anciens.


Texte :
> La Fragile armada, Diane Henneton