Vincent Dieutre



> Rome désolée
1996, 68 min, 16 mm

Rome, dans les années 80. D’improbables paysages de la ville désertée se succèdent, filmés jusqu’à l’insoutenable, lacérés de publicités, d’actualités privées de leur sens et d’images de vacances. Pour nous guider dans cette Rome « désolée » où aucun touriste ne s’aventurera jamais, une voix, celle de l’auteur.


> Bonne Nouvelle
2001, 61 min, vidéo

Nous sommes à Paris, près des Grands Boulevards, dans les premiers mois du XXIe siècle . Il y a les rues qui s’animent, s’éveillent et s’endorment, l’alignement tranquille des immeubles, des cours, des passages. Un dessin se dessine, par fragments. Les bribes tour à tour douloureuses ou tendres, d’une vie passée là, vers le métro Bonne Nouvelle. L’homme invente à son quartier une autre géographie, intime et secrète, qui l’aide à révéler deux voix amies, celles de deux femmes. Alors leurs témoignages se mêlent au discours de l’homme, nous invitant à pénétrer un autre temps, un autre espace : « Bonne Nouvelle ».


> Entering Indifference
2001, 28 min, vidéo

Il fait extrêmement froid. Ce sont les derniers jours du dernier hiver du XXe siècle. Je suis à Chicago pour un festival, mais également pour réfléchir, savoir où j’en suis avec l’autre. Avec le monde aussi ; là-bas, tout ce qui mine notre quotidien s’exacerbe ; amourette, neige et oubli, ma lettre est la chronique de cet « hiver de l’amour », le relevé instable de ce gel du réel. Bienvenu dans l’indifférence.


> Bologna Centrale
2003, 61 min, vidéo

Le réalisateur retourne à Bologne où il séjourna 20 ans plus tôt. Entre l'Italie des « années de plomb » et celle de Berlusconi se tissent les liens d'une mémoire fragmentaire, lucunaire et tragique.


> Les accords d’Alba
2004, 24 min, vidéo

Au printemps 2002, lorsque je suis venu présenter mes films à Alba, j’avais prévu d’enregistrer un entretien avec Naomi Kawase pour la revue « La Lettre du Cinéma ». Malheureusement mon enregistreur mini-disc ne marchait plus : j’ai donc dû utiliser ma petite DV.


> Despues de la revolucion
2007, 55 min, vidéo

Printemps 2004. Je suis invité en Argentine pour un festival de cinéma. Je rêvais Buenos Aires depuis toujours. Ce film répond en douce au Prima della Rivoluzione de Bertolucci (1963), c’est un collage, un tramage de matériaux : découverte d’une ville et d’un territoire surchargé à mes yeux d’un savoir secret. C’est aussi le journal d’une expérience érotique étrange, en forme d’alternative critique au film pornographique. Topographie d’une ville en crise, en effervescence politique et culturelle, pleine à craquer de références, de clichés Tango, de citations architecturales, de fausses pistes romanesques, mais aussi métropole somptueuse, saturée de possibles, enivrante.… Et relevé, enfin, d’un chant d’amour, d’un corps à corps mental.


> 2ème Exercice d’admiration : Jean Eustache
2008, 21 min, 35 mm

Un dimanche après-midi à Paris. Il pleut dehors. L’actrice d’origine est là qui me guide. Je me suis approprié son texte, ce long monologue déchirant qui clôt “La Maman et la Putain”. Il y a une toute petite équipe et Françoise Lebrun donne à chacun des indications, selon ses souvenirs. Nous répétons beaucoup car le texte n’est pas simple et l’émotion nous submerge parfois.




Textes :
> Le besoin d’amour, le fixe et la résolution 678. Récit d’une discontinuité, Jean-Charles Masséra.
> Cinq lettres d’amour. Frontières intérieures, Marie-Christine Peyrière.