Erik Bullot


La Chine intérieure
1988, 12 min, 16 mm

Deux explorateurs découvrent un territoire rocheux. Chine d’enfance, cortège impérial, papiers crépons et paravents fleuris, la Chine apparaît comme autant d’images proches de l’endormissement.


> Le jardin chinois
1990, 19 min, 16 mm

La Chine est un songe. Provoquer l’apparition d’un jardin chinois dans un jardin classique (le jardin de la Villa Médicis à Rome). Les jardiniers de l’Empire céleste sont les fantômes échappés d’une fiction dans un documentaire horticole.


> Le manteau de Michel Pacha
1996, 16 min, 16 mm

Comment et pourquoi l'exotisme persiste sous le documentaire : tel est le motif de ce film tourné à Tamaris et Istanbul selon une voie située entre le journal filmé et le film-essai qui fait alterner de longues déambulations dans Istanbul, des portraits filmés, une visite à Tamaris et un retour à Marseille où affleure l’Histoire.


L’ébranlement
1997, 4 min, 16 mm

Attaquer peu souvent, toujours par surprise ou par ébranlement. La rencontre d’un duel d’escrime et d’un feu d’artifice sur une table de montage.


> Le Calcul du sujet
Journal filmé 1, 1997-2000, 10 min, 16 mm

Un hérisson dans la lumière, les ombres d’une main sur un ventre rond, un bouquet d’œillets, un compotier de mandarines, le bain d’un nourrisson sous un néflier, les sauts dans les bras de sa mère, les premiers pas dans l’herbe, les promenades en autobus, les arbres en fleurs, les courses de l’enfant dans la campagne, les regards timides à la caméra, le retour des saisons, les ombres des palmiers, les natures mortes, les rires et les courses. Ce film est le journal filmé des trois premières années d’un enfant.


> Ombres chinoises
1998, 9 min, 16 mm

Dans un décor de paravents sur lesquels s’animent des ombres chinoises diverses, un conteur nous explique, dans la langue des signes, le procédé de l’ombromanie. Ombres chinoises et langage des signes sont-ils proches ? Telle est la question poétique posée par ce film noir et blanc, méditation silencieuse sur le cinéma des origines.


Séchage
1998, 10 min, 16 mm

Séchage raconte le trajet à pied de l’artisan catalan, Perejaume, depuis son atelier jusqu’au musée de peinture de San Pol de Mar. Les mains en offrande devant lui, il tient un monticule de peinture fraîche. Le film est la reconstitution patiente de cette action qui dure le temps du séchage de la peinture. Par ce trajet solennel, il accomplit une offrande énigmatique.


> L’attraction universelle
1999, 13 min, 16 mm

Voyage en train, cartes du ciel observées à la loupe, danse sur un fil, toupies, attractions, manèges, globe terrestre, disques, danse, luna park, grande roue nocturne, feux d’artifice, saut à l’élastique composent diverses séquences qui évoquent la physique de Newton et provoquent le tournoiement et le vertige. " Échappant à la gravitation, défiant la pesanteur, défaisant la marche circulaire des corps dans l’espace, sommes-nous en mesure aujourd’hui d’accomplir une nouvelle révolution ? "


> Les Noces chymiques
1999, 17 min, 16 mm

Les yeux bandés, un petit garçon traverse un champ désolé. Une petite fille rêve auprès d’un oncle mystérieux, passeur et magicien. Le jour de leur mariage, un jeune marié et son épouse s’évanouissent et meurent. Un Roi et une Reine sont allongés dans leurs tombes. Sous la forme d’un conte merveilleux, coloré et allégorique, ce film s’inspire des trois étapes de l’œuvre alchimique. Après le passage par la mort, le Roi et la Reine réapparaissent de nuit, accompagnés de l’oncle et du garçon aux yeux bandés. Ils offrent aux enfants leurs couronnes royales et ressuscitent les jeunes mariés, réunissant les contraires et refermant le cercle des sortilèges.


> Oh oh oh !
Journal filmé 2, 2000-2002, 15 min, 16 mm

Le visage d’un enfant dans la lumière, la course dans l’herbe, les colonnes d’un temple romain, les regards et les sourires, le voyage en Italie, les fenêtres d’un train dans la montagne, les variations de la lumière, l’océan Pacifique. Le film est le second volet d’un journal filmé commencé avec Le Calcul du sujet qui suit les pas d’un enfant depuis sa naissance.


> Cryptogramme
2002, 4 min, vidéo

Des masques d’enfant défilent, associés aux lettres de l’alphabet. Une voix bègue explique le principe de la cryptographie. Le film est lui-même un cryptogramme où les plans sont des lettres. « Un chiffre est un procédé de chiffrement qui permet de rendre un texte illisible à première vue. Le clair constitue le texte original ; le chiffré, le clair modifié par le chiffrement. »


> Le Singe de la lumière
2002, 23 min, 16 mm

« Le son est le singe de la lumière », écrit le père jésuite Athanasius Kircher. Les lois de l’optique sont-elles transposables dans le monde sonore ? Peut-on voir le son ? Autour des relations du visuel et du sonore, de la voix et de ses représentations, ce film expose et confronte une série d’actions, librement inspirées des leçons de choses ou des traités d’acoustique : chanter, sténographier, écouter, parler, bégayer, imiter la langue des oiseaux, bruiter, jouer de divers instruments (cymbalum, clavecin, flûte, alto, harpe de verre).


> La belle étoile
Journal filmé 3, 2004, 14 min, 16 mm

Le franchissement d’une vague, les dessins en forme de labyrinthe, les jeux d’un enfant avec sa mère, la forêt de bambous, les courses dans l’herbe brûlée, la neige en hiver, les fleurs dans la lumière, les arbres en fleurs, le lever du soleil, les nuages. Après Le Calcul du sujet et Oh oh oh !, ce film est le troisième volet d’un journal filmé qui suit, pas à pas, les saisons d’un enfant.


> Glossolalie
2005, 26 min, vidéo

Ce film inventorie les écarts de langage. Parler à l’envers, écouter les radios du monde, converser dans des idiomes différents, écrire un message chiffré, signer, calligraphier, chanter en espéranto, prier en langues, parler des langues imaginaires sont quelques-unes des actions de cette curieuse encyclopédie.


> Trois faces
2007, 46 min, vidéo

Trois villes portuaires de la Méditerranée (Barcelone, Gênes et Marseille) : la question du bilinguisme à Barcelone, le droit des étrangers à travers l’existence d’un centre de rétention invisible à Marseille, les travaux récents d’urbanisme à Gênes. Autant de manières d’interroger la frontière entre deux langues, entre deux pays, entre le centre et la périphérie.

> Tohu-Bohu
2008, 20 min, vidéo

Quatrième épisode d’un journal filmé qui suit les pas d’un enfant (le fils de réalisateur) de l’âge de sept à dix ans. Au fil des saisons, l’enfant joue, dessine, court, nage et fixe, obstinément, la caméra.

Texte :
> L’œil sa muse. Notes sur le cinéma d’Érik Bullot, Jacques Aumont
> Le mystère de la chambre noire, Jean Breschand.
> Entretien avec Érik Bullot